Le plus vieux musée universitaire du monde
L'Ashmolean Museum ouvre ses portes le 24 mai 1683, ce qui en fait le plus ancien musée universitaire au monde. Sa collection fondatrice a pourtant un demi-siècle de plus que le bâtiment : elle vient du cabinet de curiosités que le jardinier et naturaliste John Tradescant l'Ancien commence à réunir dans les années 1620, puis que son fils, John Tradescant le Jeune, ouvre au public payant dans leur maison de Lambeth, surnommée « l'Arche ».
1. Une arche de curiosités léguée à un inconnu
En 1677, John Tradescant le Jeune lègue l'intégralité de sa collection à Elias Ashmole, antiquaire, astrologue et collectionneur qu'il connaît depuis plusieurs années. Ashmole fait à son tour don de l'ensemble à l'université d'Oxford, à la condition expresse qu'un bâtiment soit construit pour l'abriter — la première pierre du futur musée est posée dès 1679, avant même que le legs ne soit pleinement réglé, et les caisses de la collection remontent la Tamise en barge depuis Lambeth pour rejoindre Oxford.
Les portraits de John Tradescant l'Ancien et de John Tradescant le Jeune, accrochés dans cette salle, montrent les deux hommes à l'origine de cette collection de curiosités que rien, à l'époque, ne destinait à devenir un musée universitaire.
2. Ashmole, le nom que porte le musée
Le portrait d'Elias Ashmole lui-même, peint par John Riley vers 1681-1682, montre l'antiquaire, astrologue et collectionneur qui a donné son nom au musée après avoir fait don de sa collection, et de celle des Tradescant, à l'université d'Oxford. Ashmole a lui-même pratiqué l'astrologie tout au long de sa vie et rassemblé l'une des plus grandes bibliothèques anglaises consacrées au sujet — une passion qui n'avait alors rien d'incompatible avec son rôle de collectionneur savant.
3. Dee, Lilly et Plot, entre astrologie et sciences naissantes
Le portrait de John Dee, astrologue et mathématicien de la cour d'Élisabeth Ire, et celui de William Lilly, l'astrologue le plus réputé de l'Angleterre du XVIIe siècle, sont accrochés non loin de celui d'Ashmole — deux figures qui témoignent de son intérêt pour une discipline alors enseignée aux côtés des sciences naturelles, sans la distinction nette qu'on établit aujourd'hui entre astrologie et astronomie.
Le portrait de Robert Plot, premier conservateur du musée à son ouverture en 1683, complète cette salle : naturaliste et chimiste de formation, Plot incarne à lui seul le point de bascule entre la curiosité pour l'occulte qui animait Ashmole et la méthode scientifique naissante qui allait progressivement s'imposer dans les collections du musée.
4. Deux objets qui ont fait la légende du musée
La lanterne de Guy Fawkes, en fer et en corne, vers 1605, mesure 34,5 centimètres de haut. Guy Fawkes la tenait, selon la tradition, lorsqu'il fut arrêté dans les caves du Parlement britannique dans la nuit du 4 au 5 novembre 1605, en pleine Conspiration des poudres visant à assassiner le roi Jacques Ier. Peter Heywood, qui accompagnait Sir Thomas Knyvett lors de la fouille des caves, est crédité par le musée d'avoir arraché la lanterne des mains de Fawkes, l'empêchant de faire exploser la poudre. Le frère de Heywood, Robert, offre la lanterne à l'université d'Oxford en 1641 ; elle orne pendant plus de deux siècles la galerie de tableaux de la Bodleian Library avant de rejoindre les collections fondatrices de l'Ashmolean en 1887.
Le manteau de Powhatan, en peau de cerf ornée de perles de coquillage, vers 1600-1638, mesure 235 par 160 centimètres et provient de la région de la baie de Chesapeake, en Virginie. Assemblé à partir de quatre peaux de cerf de Virginie cousues au tendon, il est décoré d'une figure humaine centrale encadrée de deux figures animales, entourées de trente-quatre cercles que l'on pense représenter des établissements ou nations powhatans. Il doit son nom à Wahunsenacawh (vers 1550-1618), chef suprême de la confédération powhatane dans l'actuelle Virginie ; l'hypothèse la plus généralement admise par le musée veut qu'il ait figuré parmi les présents offerts par Powhatan en 1608 au capitaine Christopher Newport, à l'intention du roi Jacques Ier. Recensé pour la première fois dans la collection Tradescant à Londres en juillet 1638, il est offert à l'Ashmolean par Elias Ashmole en 1677, comme le reste de « l'Arche » — l'un des objets fondateurs de la collection de 1683.
Combien de temps
Une salle courte mais dense en noms propres : prenez le temps d'identifier qui est qui avant de passer aux salles suivantes. Compter près de trois quarts d'heure pour les six portraits.
- John Tradescant l'Ancien — 8 minutes.
- John Tradescant le Jeune — 8 minutes.
- Elias Ashmole — 9 minutes.
- John Dee — 7 minutes.
- William Lilly — 7 minutes.
- Robert Plot — 8 minutes.
- La lanterne de Guy Fawkes — 7 minutes.
- Le manteau de Powhatan — 6 minutes.
Sources et vérification
Vérifié auprès des notices officielles de l'Ashmolean Museum (ashmolean.org) et recoupé avec Wikipédia FR/EN.
- Ashmolean Museum — History of the Ashmolean
- Ashmolean Museum — The Ashmolean Story Gallery
- Ashmolean Museum — About: History & Future
- Britannica — John Tradescant
- Ashmolean Museum — Guy Fawkes's Lantern
- Ashmolean Museum — Powhatan's Mantle
Les accrochages et les ouvertures de salles peuvent changer. Vérifiez le jour même sur le site du Ashmolean Museum, Oxford avant de suivre un itinéraire.
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L’Ashmolean Museum, Oxford
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